Hypertension artérielle et niveau d’instruction
Basile
Chaix et son équipe ont établi qu'il existe une corrélation négative entre hypertension artérielle et niveau
d'instruction. Ils ont constaté que plus le niveau
d'instruction des individus était faible, plus leur pression artérielle était élevée. Même observation à l'échelle du quartier : plus le niveau
d'instruction moyen est faible, plus la pression artérielle des
habitants est importante. Ces observations ont reposé sur l'étude de cohorte RECORD ('Environnement résidentiel et maladies coronaires') qui regroupait 7 292 personnes, âgées de 30 à 79 ans et résidant dans des quartiers aisés
ou des quartiers défavorisés. M. Chaix identifie l'obésité comme le principal
vecteur de la corrélation tension artérielle/niveau d'instruction.
Selon lui : "Elle explique près de la moitié de l'association entre
une augmentation de la tension artérielle et le niveau d'instruction du
quartier. L'épidémie d'obésité et sa distribution sociale pourraient
donner lieu à une augmentation des disparités sociales de risque
cardiovasculaire dans les décennies à venir." Les résultats de cette
étude viennent d'être publiés par le mensuel américain Hypertension.
Reprise information presse du 26 janvier 2010 : "Inégalités sociales de santé : une pression artérielle plus élevée dans les quartiers défavorisés"
Agence France Presse_Fil Gen , 26/01/2010
Bisphénol A : le ministère de la Santé attend de connaître les conclusions de l’Inserm
Le
BPA (bisphénol A), qui entre dans la composition de nombreux
plastiques, notamment celui des biberons, fait l'objet d'études aux
conclusions paradoxales. Côté français, en 2008, l'Afssa le déclarait sans danger. Aux Etats-Unis, la
Food and Drug Administration estimait le BPA non toxique. Depuis 2008
pourtant, éclairée par de nouvelles études, la FDA s'est ravisée et
indique à présent qu'il pourrait avoir "des effets potentiels sur le
cerveau et sur la prostate des bébés et des fotus".
Au Canada, le BPA est interdit dans le plastique des biberons depuis
2008. Au Etats-Unis, la FDA soutient les industriels désireux de plus
intégrer ce produit à la composition des biberons et autres récipients
alimentaires pour bébés. En France, les scientifiques du 'Réseau
environnement-santé' militent depuis des mois pour que le BPA soit
banni, et que le ministère de la santé reconsidère "obsolètes" les études qui ont documenté sa réflexion jusqu'ici. Roselyne Bachelot
assure que cette substance est surveillée de près par des autorités
sanitaires. Des mesures adéquates seront prises, une fois connues les
conclusions de l'Inserm et de l'Afssa.
Agence France Presse_Fil Gen , 26/01/2010
Alzheimer : l’immense espoir soulevé par la piste ‘FKBP52’
Le
Pr Etienne-Emile Baulieu et une équipe de l'Inserm ont découvert qu'une
protéine, la 'FKBP52', était capable, "
en étant stimulée, de réparer
la protéine Tau". M. Baulieu espère avoir identifié une "
arme anti-tau"
efficace pour combattre ces pathologies qualifiées de "
tauopathies" ou
"
maladies de la protéine tau", telles qu'Alzheimer. Pour le Pr Baulieu : "
On est loin du médicament mais, d'ici deux ou trois
ans, on doit trouver la possibilité à tout le moins de faire un
diagnostic très précoce de la maladie d'Alzheimer et des démences
séniles. En deux, trois ans on aura le profil physico-chimique et
biologique nécessaire pour préconiser l'emploi de trois ou quatre
molécules." Reste à trouver les financements, le Pr Baulieu
évaluant ses besoins à 1 ou 2 millions d'euros par an pendant trois ans. Une souscription est ouverte sur le site
'www.institut-baulieu.org'. Pierre Bergé, l'un des appuis
financiers de la lutte contre le sida, s'est dit prêt à soutenir
financièrement les recherches du Pr Beaulieu pendant cinq ans. Une
expérimentation doit être lancée à l'hôpital gériatrique Charles Foix
d'Ivry (Val de Marne).
Reprise information presse du 26 janvier 2010 : "
Une nouvelle piste de recherche dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer et les démences"
Grippe A. L’OMS s’explique devant le Conseil de l’Europe
Auditionné
à Strasbourg par le Conseil de l'Europe, Keiji Fukuda, conseiller
spécial de la directrice de l'OMS, a justifié la gestion de la grippe A
par l'Organisation. Certains épidémiologistes accusent effectivement l'OMS d'avoir exagéré la menace sanitaire que représentait cette nouvelle
grippe. M. Fukuda a rappelé que la pandémie était "formellement
établie" et que le virus A/H1N1 était "présent dans le monde entier".
L'OMS n'a donc "pas été indûment influencée par les laboratoires",
contrairement à ce qu'avancent les accusateurs. Cette intervention ne semble pas avoir convaincu l'assistance. Les eurodéputés exigent
qu'une commission enquête sur la "gabegie financière" qui a
caractérisé, selon eux, la gestion de cette crise. L'euro-députée Michèle Rivasi propose d'"auditionner Roselyne
Bachelot pour lui demander pourquoi elle a acheté autant de vaccins
alors que son homologie polonaise, elle, n'en a pas voulu".
La santé des Européennes
Des
universitaires allemands ont bouclé une volumineuse étude relative à la
santé des femmes dans l'UE. La Commission européenne vient d'en publier
les conclusions sur son site
(http://ec.europa.eu/liealth/population_groups/docs/women_report_en.pdf).
"Si toutes ces données ne sont par forcément nouvelles, elles ont le
mérite d'être présentées pour la première fois de manière globale et au
niveau de toute l'Europe", apprécie le rédacteur du Quotidien du médecin.
Ont été passés en revue : le surpoids, l'alcoolisme, le tabagisme, la
dépression, les tendances suicidaires, les morts violentes, le sida ou
la maladie d'Alzheimer, ainsi que l'accès aux soins, dépistages, offre
généalogique, etc. Les habitantes des pays baltes cumulent les plus
mauvais indicateurs de santé. "Une Européenne sur sept et un Européen
sur six mourra d'une affection coronarienne, cause de mort la plus
fréquente, suivie par les maladies cérébro-vasculaires puis par les
cancers : chez les femmes, les localisations les plus fréquentes sont
le sein, le côlon et le rectum, l'utérus et le poumon." En 2011, les
universitaires poursuivront leurs investigations en s'intéressant,
cette fois, à la population masculine.
Quotidien du Médecin [Le] , 26/01/2010
Nanotechnologies, l’anathème des uns, le lobby des autres…
L'essor
des nanotechnologies est-il déjà enclenché, malgré les débats
qu'organise actuellement la CNDP (Commission nationale du débat public)
à la demande du gouvernement ? Le groupe d'agitateurs grenoblois
'Pièces et Main d'ouvre', qui chahute les réunions publiques sur le
sujet, en est convaincu. Jean Bergougnoux, président de la CNDP,
s'inscrit en faux : "Qu'il s'agisse de la protection des travailleurs,
de la déclaration par les industriels de leurs nanoproduits, de la
protection de l'environnement, du recyclage des nanomatériaux, de
l'orientation des recherches, de nombreuses décisions sont à prendre".
Politiques et industriels sont partagés entre enthousiasme et
appréhension avec la peur de devoir endosser une affaire
de santé publique, au moins comparable à celle de l'amiante Un milliers
de produits comportant ces "nanomatériaux dont les propriétés
biologiques ne sont pas toutes connues" circulent déjà. Les débats sont
confisqués par des protestataires particulièrement virulents et,
outre-Atlantique, par "un lobby de chercheurs qui survend".
Libération , 27/01/2010